Après avoir "exploré" le mental de certains champions, Mon Espace Tennis a entamé une nouvelle série de conseils psychologiques, plus concrets encore, afin de vous aider à gérer au mieux certaines situations dans votre pratique de la compétition. Après "servir pour le match" ou "comment aborder la réputation de votre adversaire", voici la réponse à une question simple mais pas forcément évidente à solutionner : faut-il féliciter son adversaire en cours de match ?

Au panthéon des grandes valeurs du tennis : le fair play. Historiquement notre sport est une affaire de gentlemen, où il est bon féliciter son adversaire après un joli coup et où l’on se serre la main une fois le duel terminé, en lâchant généralement un « bien joué » à son vainqueur. Mais ce « bien joué » est-il opportun de l’utiliser en cours de match ?

Les personnes qui disent « bien joué » très (trop) souvent se positionnent tout simplement en position de soumission. Par souci de plaire et d'être aimées, elles favorisent et valorisent la posture de dominant de l'adversaire...

Soit, mais dans ces conditions, qu’en est-il du fair-play, alors ?

On peut très bien ne pas féliciter son adversaire à tout bout de champ et demeurer un joueur extrêmement franc-jeu. Confondre les deux est une erreur. Sur le circuit, le joueur qui dit le moins souvent « bien joué » est Rafael Nadal. Et pourtant, il ne viendrait à personne l’idée de considérer le décuple vainqueur de Roland-Garros comme quelqu’un d’anti-sportif.

Alors, quand faut-il dire « bien joué ? »

Tout d’abord, lâcher un « bien joué » n'est jamais une obligation. Il y a d’ailleurs quelques joueurs qui parfois s'énervent en cours de match et reprochent à leur adversaire de ne pas leur avoir dit ce fameux « bien joué ». Si votre  adversaire a besoin de reconnaissance, c'est son problème...

A aucun moment vous ne devez donc vous sentir contraint ou en faute de ne pas avoir félicité votre opposant, même s’il a réussi un coup formidable. 

Si votre adversaire vous fait remarquer votre silence, il ne faut jamais entrer dans la discussion. En revanche, cela veut dire que votre adversaire fonctionne en mode « réaction émotionnelle ». Cette indication peut toujours servir...

Pour rester fair-play et combatif, voici deux conseils concrets :

Se fixer une règle et un repère.

La RÈGLE est la suivante :

Ne dire « bien joué » que si ces deux conditions sont réunies :

> La première : votre adversaire a réussi un point exceptionnel.
> La deuxième : sur ce point, vous avez vous-même été extrêmement performant.

Cela signifie que si le point gagné par votre adversaire est lié à un point moyen de votre part, on peut estimer que vous lui avez facilité sa réalisation, et, de ce fait, qu'il ne « mérite » pas un « bien joué »...

Le REPÈRE est le suivant :

Si vous dites "bien joué" plus de deux fois dans un set, mettez-vous en mode « WARNING » et dites-vous « STOP » afin de ne pas vous mettre en posture de soumission.

En résumé, il est conseillé, en tant que joueur, de réserver vos "bien joué" qu'à de très rares occasions. Fair-play, oui, mais pas soumis !


Rubrique réalisée par
DORIAN MARTINEZ,
Psychologue de la performance
Créateur de Guérilla Tennis
Plus d’informations sur www.psysport.com ou www.guerillatennis.com
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